lundi 6 juin 2016

Grand habit de cour Louis XV: la technique

Ca y est, les Fêtes Galantes sont déjà passées! J'ai réussi à terminer mon grand habit de cour juste à temps. Il y a quelques petits détails qu'il faut que je revoie mais grosso-modo, je suis assez contente du résultat.


Patron: corps de robe XVIIe de chez Nehelenia Pattern, revu un peu à ma sauce (décolleté, mancherons)
Techniques: autant que possible d'époque, assemblage et couture à la main, sauf les casiers des baleines piqués à la machine et les très grandes longueurs de la jupe et de la queue; les ourlet sont faits à la main.
Fournitures: un mélange coton lamé argent. Toile de coton forte triplée en coton gratté. Décor de dentelle ancienne et métalliques, ganse et pompons anciens métalliques. Baleines en rotin.

Une partie des fournitures et un premier test de baleinage en rotin.

Temps de réalisation: heu... je suis nulle à ce jeu là: dois-compter juste la couture ou les recherches également?
Poids: le grand corps pèse son petit poids à cause du baleinage complet en rotin.

Mon avis sur le baleinage en rotin: C'est la première fois que je l'utilise. Si j'ai eu un peu de mal à introduire mes baleines (j'avais fait des tunnels un peu petits!) au final, c'est effectivement très confortable à porter, même si je l'avais beaucoup serré. Le rotin fait que cela est très respirant et se moule au corps à la chaleur, même si je trouve que cela le fait moins qu'avec des baleines en plastique. C'est assez étonnant, j'ai trouvé que cela corsettait plus mais plus agréablement! En même temps, ayant des problèmes de dos, un corps baleiné me soutient bien lorsqu'il est bien taillé et que je l'ai bien mis.

 Procédé:

Je me suis basée le plus possible sur les instructions donnée dans l'Art du Tailleur publié par Garsault.
Le grand corps est monté selon les techniques de l'époque.


Il est composé de deux épaisseurs de toile forte, contenant un double baleinage en rotin. J'ai repassé à la vapeur chaque baleine déjà découpée afin de les aplatir et de légèrement des humidifier. J'ai passé dessus un bloc de cire d'abeille alors qu'elles étaient encore chaudes afin de les imperméabiliser et d'emprisonner dedans une très légère humidité. Après léger refroidissement, j'ai inséré les baleines dans les casiers. Le fait qu'elles étaient encore tièdes et donc souples a éviter d'avoir trop de casse. Les tunnels ont été piqués à la machine pour un gain de temps (c'est la seule concession moderne que je me suis octroyée). Contrairement à ce que j'avais annoncé, le grand corps est en fait entièrement baleiné. Mes baleines ayant un ôté plat, j'en ai même mis deux dans un casier sur deux, afin d'être certaine que cela ne casse pas!

Chaque pièce est baleinée et recouverte de coton (pas encore ici) avant d'être assemblées ensemble au point de bourdon.


J'ai ensuite recouvert chaque pièce d'un coton gratté doux et un peu pelucheux pour atténuer les traces des tunnels. J'ai terminé chaque pièce du grand corps séparément. Les basques sont doublées en cuir fin afin d'éviter le percement des baleines et de limiter les frottement douloureux sur les hanches.


Les basques doublées de cuir vues de l'extérieur et de l'intérieur; après la triplure en coton gratté et la pose du tissu extérieur sur celles-ci.

La pièce du devant est renforcée par trois baleines de dressage horizontales qui donne un forme arrondie au devant, et un busc en bois pour lui donner encore plus de rigidité et un devant bien plat.

La pièce de devant tient toute seule grâce au baleinage! :-)


Ensuite, j'ai assemblé chaque pièce au point de bourdon. Enfin, j'ai recouvert de mon tissu (un mélange de lamé et de coton trouvé chez Temps d'Elegance), en forme sur le mannequin afin de ne pas avoir trop de plis entre le passage du plat aux trois-dimensions.

Premier essai!

J'ai fait mes œillets à la main, sous une patte, avant le montage des pièces et de recouvrir de mon tissu.

J'ai recouvert le corps sur le mannequin: vive l'aiguille courbe!

Le grand corps est orné de petites manches dites mancherons dont la forme m'a été inspirée par le corsage de cour de Marie-Antoinette actuellement exposé au Musée Galliera. S'y rattachent des manches en mousseline de coton ornées de six rangs de dentelle amidonnée de plus de 10m de long. Les dentelles ont été cousues aux manches de voile de coton à plat, avant d'être elles-mêmes cousues au grand corps.
Un mancheron.
Pose du mancheron au point de bourdon et manche complète fermée par un ruban de taffetas, comme on le voit sur les portrait à la saignée du coude.

Les coutures du devant sont décorées d'un galon doré, de dentelle plissée dorée en coquille et d'une dentelle ancienne à l'encolure.



Une ganse souligne la taille pour des raisons techniques: elle sert en fait à soutenir la queue qui s'y agrafe.
La ganse posée au niveau de la taille.

Le grand corps a également deux agrafes au dos, afin de plaquer la jupe pour qu'elle ne remonte pas trop haut.

Deuxième essai!


Ma jupe est un grand rectangle classique.

La traîne a été faite selon les cotes exactes et le patron donné par Garsault pour une "taille ordinaire"de 2.5 aunes, c'est à dire plus de trois mètres!
J'avais prévu un retrousse-traine avec ganse et pompon comme il l'indique mais je ne l'avais pas placé comme mentionné, de façon délibérée car je n'avais pas compris comment il pouvait être efficace. J'ai depuis compris en regardant une gravure et je vais rectifier cela pour la prochaine fois!

Les photos portés dans l'article suivant! :-)



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